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Il
n'y a pas si longtemps, alors que les moyens de transport étaient
lents et limités et que l'hydroculture n'avait pas encore
été découverte, les saisons rythmaient la production
des légumes. Chaque année, les consommateurs attendaient
avec impatience l'arrivée des bienfaits de la terre. Dès
leur apparition, parfois même avant d'être au meilleur
de leur maturité, les premiers légumes - les "primeurs"
- étaient particulièrement prisés pour leurs
qualités gustatives. Aujourd'hui, cette tradition est restée
bien vivante, même si les étals sont garnis toute l'année
de fruits et de légumes de provenances diverses.
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Les légumes primeurs présentent l'avantage
d'être en magasin le jour même ou le lendemain
de leur cueillette. |
Si
les premiers légumes recoivent le nom de "primeur",
les premiers fruits, eux,
s'appelent "nouvelle récolte". |
| Cultivé
sous serre ou en plein air, un légume primeur est
un légume primeur. |
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"Primeur" est entré dans l'usage
à la fin du XVIIe s. pour désigner des fruits et légumes
"dans leur primeur", c'est-à-dire dans leur commencement.
Le mot a fait souche, désignant les légumes précoces
et plus récemment les vins. Il s'étend aussi, même
si le mot est quelque peu vieilli, à celui qui en fait le
négoce, le "marchand de primeurs".
L'origine des légumes primeurs remonte aux expérimentations
de la Renaissance. Dénigrés au moyen âge, les
légumes reviennent en force dans les cuisines aisées
où leur usage distingue l'élite du commun, réduit
à consommer, et pour longtemps encore, des bouillies de céréales.
Au fil des siècles, les botanistes et jardiniers unirent
leurs efforts pour créer, par culture et croisements, des
espèces nouvelles adaptées au goût du moment.
La culture sous abri connut un grand développement:
La Quintinie obtint, pour son maître Louis XIV, un concombre
précoce à la saveur moins aqueuse. La Renaissance
réhabilite nombre de légumes indigènes tombés
en désuétude au moyen âge, comme les cardons
ou les vrilles de vigne, les radis, les carottes et les courgettes.
Elle s'intéresse aussi aux légumes importés
de fraîche date, comme la tomate ou le piment américains,
ou l'aubergine, introduite en Italie au XIVe s. après une
longue migration depuis la Chine.
Elle initie aussi la redécouverte de légumes oubliés
comme les asperges, rares comme les artichauts, voire suspects comme
les champignons. Les asperges, en particulier, attisent la curiosité
des jardiniers.
"L'Art de bien traiter" (1674) rappelle "qu'il faut
que l'asperge croque sous la dent, qu'elle ait tout son vert, à
moins de quoi ce n'est que filasse". Au début du XIXe
s., sa culture se développe dans nos régions pour
produire l'asperge blanche que nous connaissons. A la même
époque, par la grâce d'agronomes français, la
carotte, qui était plutôt mauve et ligneuse, se colore
en orange et gagne en croquant. La culture sous abri permet, sous
des latitudes peu favorables comme les nôtres, la croissance
des tomates.
En 1909, l'Etat prend en compte le développement des cultures
maraîchères en créant la Station agronomique
de l'Etat, sur le site de la Station Expérimentale de Gembloux,
fondée en 1872. En 1946, la Station d'amélioration
des plantes fruitières et maraîchères est inaugurée.
La consommation des légumes est en hausse croissante dans
la Belgique d'après-guerre.
Les primeurs y participent depuis une vingtaine d'années.

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